Elle m'offrit les faveurs - et la primeur - de la chaude intimité de son lit. Et c'est avec le plus grand naturel qu'elle se délesta de son
peignoir pour se blottir à mes côtés. J'accueillis d'une épaule offerte ce doux présent. Elle s'assoupit presque aussitôt. J'écoutais le chuchotement de son souffle lent et apaisé en fixant
l'obscurité claire du plafond, enivré du bien-être présent... Son corps endormi irradiait un halo de chaleur suave sur ma peau, délicieusement propagé par le soulèvement régulier de sa poitrine
contre mon flanc.
Cette promiscuité immobile aidée de ma méditation extasiée, je sentis poindre un commencement d'érection... Encore. Timide mais déterminée. Je me maudissais
intérieurement. "...que tu ne me laisserais pas dormir toute seule..." Putain redescends! Mais la ligne brisée devint arc, et l'arc se redressa en un flèche dont la pointe piqua le coude de la
belle rêveuse... Et la délivra de son sommeil.
Caroline s'étira contre moi à la façon d'une chatte...
... couvrit ma
cuisse de la sienne ...
... et massa mon pénis de sa paume ouverte.
Nous fîmes l'amour lentement, pesamment, comme si de trop vifs élancements auraient risqué de nous briser en morceaux... Elle se percha sur
moi et me maintins ainsi entre ses douces cuisses. L'immobilité sensible de notre étreinte faisait retentir chaque vibration de plaisir au plus profond de nos êtres. Elle me garda enfoui, faisant
ployer autant qu'elle étayait mon sexe dressé en elle. Les effluves de son parfum délicat enrobaient cette dernière communion silencieuse.
Un léger basculement de sa croupe ... sa poitrine reposant contre la mienne ... ses doigts enserrant mes épaules ... son souffle fièvreusement étouffé à mon
oreille...
Mes cuisses se tétanisant ... mes mains ceinturant sa taille ... et l'essence de mon désir s'épanchant doucemment en elle pour ruisseler vers le seuil de notre union.
Elle imprima un délicat mouvement à son bassin, laissant perler les dernières gouttes en elle...
Et couvrit mes lèvres d'un baiser ...
Le premier ... l'ultime ... dramatique et passionné ... apogée d'un instant ... immolant l'amante de sa belle mort pour accueillir l'amie
naissante.
Je ne sais plus ce que nous nous sommes dits ensuite. Nous avons dormi paisiblement et je suis reparti sous un soleil déjà déclinant, empli
d'une fatigue sereine et nostalgique....
J'ai revu Caroline de nombreuses fois et je la revois toujours.
Elle est devenue une amie précieuse.
Souvent nous parlons simplement.
Parfois nous laissons notre tendresse mutuelle se débrider au-delà des mots.
Les moments que nous passons ensemble échappent aux contraintes du temps...
Amoureux? Non. Le quotidien serait notre ennemi...
Je veux rester fasciné, transporté, transformé par l'oasis de sa présence.
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